{"id":51,"date":"2026-06-09T23:24:39","date_gmt":"2026-06-09T21:24:39","guid":{"rendered":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/2026\/06\/09\/les-zones-tropicales-concentrent-les-risques-de-transmission-de-maladies-animales-a-lhomme\/"},"modified":"2026-06-09T23:24:57","modified_gmt":"2026-06-09T21:24:57","slug":"les-zones-tropicales-concentrent-les-risques-de-transmission-de-maladies-animales-a-lhomme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/2026\/06\/09\/les-zones-tropicales-concentrent-les-risques-de-transmission-de-maladies-animales-a-lhomme\/","title":{"rendered":"Les zones tropicales concentrent les risques de transmission de maladies animales \u00e0 l\u2019homme"},"content":{"rendered":"<h1>Les zones tropicales concentrent les risques de transmission de maladies animales \u00e0 l\u2019homme<\/h1>\n<p>La transformation massive des terres \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale modifie profond\u00e9ment les interactions entre les humains et leur environnement, favorisant ainsi l\u2019\u00e9mergence de risques sanitaires majeurs. Parmi ceux-ci, la transmission de pathog\u00e8nes des animaux \u00e0 l\u2019homme, appel\u00e9e <em>spillover<\/em> zoonotique, repr\u00e9sente une menace croissante. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne se produit lorsque des agents infectieux franchissent la barri\u00e8re entre esp\u00e8ces, souvent en raison de la destruction des habitats naturels et de l\u2019expansion des zones agricoles.<\/p>\n<p>Les r\u00e9gions tropicales, notamment l\u2019Asie du Sud-Est, l\u2019Am\u00e9rique latine, l\u2019Afrique et, dans une moindre mesure, l\u2019Europe de l\u2019Est, sont les principales concern\u00e9es par cette probl\u00e9matique. Ces zones abritent une grande partie des transactions fonci\u00e8res \u00e0 grande \u00e9chelle, o\u00f9 de vastes \u00e9tendues de terres sont acquises pour l\u2019agriculture intensive, la production de biocarburants ou l\u2019\u00e9levage. Or, ces changements d\u2019usage des sols perturbent les \u00e9cosyst\u00e8mes et augmentent les contacts entre les humains, la faune sauvage et les animaux domestiques.<\/p>\n<p>Les oiseaux passereaux, les chauves-souris et les rongeurs jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans ce processus. Ces esp\u00e8ces, souvent tol\u00e9rantes aux perturbations environnementales, prosp\u00e8rent dans les paysages modifi\u00e9s par l\u2019homme, comme les terres agricoles. Elles servent de r\u00e9servoirs naturels \u00e0 de nombreux pathog\u00e8nes capables d\u2019infecter l\u2019homme. Lorsque leurs habitats sont fragment\u00e9s ou d\u00e9truits, ces animaux se rapprochent des zones habit\u00e9es, multipliant les opportunit\u00e9s de transmission de maladies.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es r\u00e9v\u00e8lent que les zones \u00e0 haut risque de <em>spillover<\/em> zoonotique se caract\u00e9risent par de grandes surfaces de for\u00eats encore intactes, mais aussi par une faible densit\u00e9 de population et de routes. Cela s\u2019explique par le fait que ces r\u00e9gions, bien que peu urbanis\u00e9es, subissent des transformations rapides de leur couverture v\u00e9g\u00e9tale, cr\u00e9ant des interfaces entre milieux naturels et zones cultiv\u00e9es. Cependant, certaines exceptions existent : au Ghana, au Nigeria, au Malawi, au Br\u00e9sil et en Indon\u00e9sie, des zones \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 combinent \u00e0 la fois une forte densit\u00e9 humaine et un r\u00e9seau routier d\u00e9velopp\u00e9, ce qui aggrave le potentiel de propagation des maladies une fois le pathog\u00e8ne transmis \u00e0 l\u2019homme.<\/p>\n<p>Les investissements fonciers ne sont pas uniquement transnationaux. Plus d\u2019un tiers des transactions concernent des acteurs locaux, et 17 % suppl\u00e9mentaires se font au sein d\u2019une m\u00eame r\u00e9gion. Les principaux flux d\u2019investissements proviennent de pays comme la Chine, les \u00c9tats-Unis, la Malaisie ou les Pays-Bas, qui ciblent souvent des zones riches en biodiversit\u00e9. En Asie du Sud-Est, par exemple, les investissements chinois se concentrent dans des r\u00e9gions comme l\u2019Indon\u00e9sie ou le Myanmar, o\u00f9 la diversit\u00e9 des esp\u00e8ces r\u00e9servoirs de pathog\u00e8nes est particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p>Les pays les plus touch\u00e9s par ces dynamiques sont le Br\u00e9sil et l\u2019Indon\u00e9sie, qui combinent de vastes surfaces acquises et une forte pr\u00e9sence d\u2019esp\u00e8ces porteuses de maladies. \u00c0 l\u2019inverse, des pays comme la Russie ou l\u2019Ukraine, bien que recevant d\u2019importants investissements, pr\u00e9sentent un risque de <em>spillover<\/em> plus faible en raison d\u2019une moindre diversit\u00e9 d\u2019esp\u00e8ces r\u00e9servoirs et d\u2019une proportion plus faible de terres naturelles converties.<\/p>\n<p>Pour limiter ces risques, il est essentiel de repenser les mod\u00e8les agricoles actuels, souvent bas\u00e9s sur une intensification chimique et m\u00e9canique des cultures. Des alternatives existent, comme l\u2019agro\u00e9cologie, qui favorise des paysages plus diversifi\u00e9s et r\u00e9silients, r\u00e9duisant ainsi les opportunit\u00e9s de contact entre humains et animaux sauvages. Le maintien de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 \u00e9cologique des habitats, c\u2019est-\u00e0-dire leur connectivit\u00e9 et leur \u00e9tat naturel, permet de renforcer ce que les scientifiques appellent l\u2019<em>immunit\u00e9 des paysages<\/em> : un concept d\u00e9signant la capacit\u00e9 des \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e0 limiter la propagation des pathog\u00e8nes gr\u00e2ce \u00e0 leur complexit\u00e9 et leur \u00e9quilibre.<\/p>\n<p>Les gouvernements et les investisseurs doivent int\u00e9grer ces enjeux dans leurs d\u00e9cisions. Cela passe par une \u00e9valuation syst\u00e9matique des projets fonciers, en croisant les donn\u00e9es sur la biodiversit\u00e9 locale et les zones de conversion des terres. Des mesures de pr\u00e9caution, comme la pr\u00e9servation de portions de terres naturelles au sein des projets agricoles ou la mise en place de protocoles de bios\u00e9curit\u00e9 pour les communaut\u00e9s locales, pourraient att\u00e9nuer les risques. Une coordination internationale est \u00e9galement n\u00e9cessaire, car les investissements transfrontaliers lient des acteurs \u00e9loign\u00e9s g\u00e9ographiquement, mais dont les actions ont des r\u00e9percussions locales.<\/p>\n<p>Les le\u00e7ons du pass\u00e9, comme les \u00e9pid\u00e9mies d\u2019Ebola en Afrique ou de Nipah en Asie, montrent que les r\u00e9ponses r\u00e9actives sont souvent trop lentes. Les pathog\u00e8nes peuvent circuler pendant des semaines avant d\u2019\u00eatre d\u00e9tect\u00e9s, comme ce fut le cas pour Ebola. Une approche proactive, combinant surveillance \u00e9cologique, planification fonci\u00e8re et coop\u00e9ration entre secteurs, est donc indispensable pour anticiper et pr\u00e9venir les prochaines crises sanitaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>Cr\u00e9dits et attributions<\/h2>\n<h3>Source principale<\/h3>\n<p><strong>DOI\u00a0:<\/strong> <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/s44458-026-00102-1\" target=\"_blank\">https:\/\/doi.org\/10.1038\/s44458-026-00102-1<\/a><\/p>\n<p><strong>Titre\u00a0:<\/strong> Global land rush concentrates potential zoonotic spillover risk in the tropics<\/p>\n<p><strong>Revue : <\/strong> Communications Sustainability<\/p>\n<p><strong>\u00c9diteur : <\/strong> Springer Science and Business Media LLC<\/p>\n<p><strong>Auteurs : <\/strong> Chuan Liao; Seongmin Shin; Katie Rohrbaugh; Nabin Pradhan; Elizabeth Ludwig; Zhenci Xu; Manuel Ruiz-Aravena; Shuai Zhou; Arun Agrawal<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les zones tropicales concentrent les risques de transmission de maladies animales \u00e0 l\u2019homme La transformation massive des terres \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale modifie profond\u00e9ment les interactions entre les humains et leur environnement, favorisant ainsi l\u2019\u00e9mergence de risques sanitaires majeurs. Parmi ceux-ci, la transmission de pathog\u00e8nes des animaux \u00e0 l\u2019homme, appel\u00e9e spillover zoonotique, repr\u00e9sente une menace croissante.&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/2026\/06\/09\/les-zones-tropicales-concentrent-les-risques-de-transmission-de-maladies-animales-a-lhomme\/\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">Les zones tropicales concentrent les risques de transmission de maladies animales \u00e0 l\u2019homme<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,3,7],"tags":[],"class_list":["post-51","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-humain","category-international","category-societe","entry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=51"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":52,"href":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/51\/revisions\/52"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=51"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=51"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/biodiversityreview.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=51"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}